Partir Autrement

1 août 2015

Gorafe

Gorafe tire son origine du mot arabe «Gaurab» qui signifie «pièces en hauteur», faisant allusion aux maisons troglodytes creusées à environ 150 m au-dessus du sol au cours du 12e siècle. À côté des cuevas restaurées, on trouve plusieurs de ces cavités délaissées, présence silencieuse d’un habitat qui remonte à l’époque de l’invasion arabe. Que ce soit en bordure de route, le long des escarpements rocheux ou discrètement dissimulées en arrière d’un village, elles sont là énigmatiques et offertes à tous les temps. Certaines cavités peuvent remonter jusqu’à 4 000 ans. C’est ce qu’affirme le maire en tout cas. Elles ont été formées par l’assèchement d’un immense lac qui se trouvait ici à la préhistoire, et qui a creusé la roche en se retirant. On connaît leur histoire à partir de la conquête arabe. À cette époque, elles avaient surtout une utilité militaire. Elles servaient de forteresses, de miradors, d’entrepôts et de refuges en cas d’attaque. Les habitations troglodytiques se sont surtout développées à partir du 19e siècle. La population augmentant, comme il n’y avait pas d’espace pour construire les habitations, on a commencé à creuser dans les montagnes environnantes. Il n’y avait ni eau courante, ni électricité, ni assainissement. Au milieu du 20e siècle, une crise économique a entraîné une migration de la population hors de la région, et la majorité des cavités ont été abandonnées. C’est à cette époque que l’Espagne a relevé le défi de l’urbanisation sous Franco. Aujourd’hui, on assiste, a contrario, à un retour à la terre.