18 octobre 2015

La danse des oiseaux

Ornés de leurs plus belles parures, les danseurs papous, de la tribu huli en Papouasie-Nouvelle-Guinée, balaient une aire ovale qui deviendra une piste de danse et la débarrassent de toutes pierres ou branchettes qui pourraient les incommoder. Cette étrange besogne de nettoyage reproduit la manœuvre de l’oiseau de paradis se préparant pour la parade nuptiale.

Les hommes rejoignent ensuite la ligne formée par les Hulis et collent leurs épaules à celles de leurs voisins. Les tambours à une peau, façonnés en forme de sablier, sont frappés sur un rythme syncopé. L’instrument prend la voix de l’oiseau de paradis. Les danseurs chantent eux aussi et poussent des cris brefs, ajoutant ainsi une polyvocalité à l’ensemble. La danse ressemble à une ondulation incessante entrecoupée de sursauts inexplicables.

Puis, les femmes se présentent devant les hommes. Deux lignes se forment et s’affrontent par des inclinaisons de la tête, des poussées et des retenues de bras ainsi que des flexions sur les jambes.

La vie de l’oiseau représente la vie du Papou. C’est le signe qu’un mariage vient d’être conclu, que des dettes se sont remboursées ou que des échanges se sont établis. La danse des oiseaux symbolise la satisfaction qui règne parmi les membres du clan.