Partir Autrement

1 août 2015

Le rituel sacré du Famadihana

Vieille tradition austronésienne que l’on retrouve aussi dans certaines îles d’Indonésie, Bornéo et Bangka notamment, le famadihana est un rituel d’exhumation des morts « second burial », propre surtout au peuple des hauts plateaux malgaches et qui se raréfie du fait de la christianisation.

Quand le devin en donne le signal, le clan familial commence la cérémonie du famadihana « retournement des morts ». Exhumé quelques années après le décès, le défunt momifié est d’abord porté en procession accompagnée d’un cortège de musiciens. Puis, après une toilette rituelle, les ossements sont enveloppés dans des lambas (traditionnellement en soie naturelle). La fête marque le retour définitif des ancêtres, les razanas, parmi leurs descendants dont ils deviendront les protecteurs. Il s’agit bien d’une fête: la liesse est de règle, les pleurs et les lamentations sont proscrits, on mange, on boit du rhum et on danse. Le repas traditionnel de cette fête est le vary be menaka: du riz avec de la viande grasse. On ajoute parfois de la viande de porc à la viande de zébu. La famille organisatrice peut même préparer des tenues spéciales pour bien marquer la fête. Cette coutume n’est propre qu’à certaines tribus de Madagascar et est aussi une occasion de rassembler la grande famille et de voir qui sont les personnes qui préservent leur relation avec cette grande famille, en ayant répondu à l’invitation et en ayant apporté une contribution habituellement financière. La vie des vivants est régie par les fady (interdits instaurés par les ancêtres).