Partir Autrement

9 janvier 2012

Une fête équestre traditionnelle

Le cheval occupe une grande place dans l’art, la symbolique et l’imaginaire collectifs. Il est essentiel dans la vie des nomades. Parmi les nombreux jeux équestres communs aux peuples nomades d’Asie centrale, le kyz-kuu («rattraper la fille») est une course qui oppose la gent féminine et la gent masculine: le garçon doit arriver premier tout en évitant les coups de cravache de la jeune fille. S’il gagne, il obtient un baiser de la belle.

Ulak-tartych

Le ulak-tartych est le sport national au Kirghizistan. Il est plus connu dans sa version afghane, sous le nom de bozkachi. Il s’agit d’un jeu au cours duquel une cinquantaine de cavaliers (tchopendoz comme on les appelle) s’affrontent pour la possession de la carcasse décapitée d’une chèvre avant de la récupérer à la cravache et de la lancer dans le «but» adverse (un cercle dessiné au sol). Au cours des immanquables chevauchées, tous les coups ou presque sont permis pour s’emparer de l’animal mort. D’ailleurs, les accidents sont assez répandus. La partie, qui se joue entre deux équipes, peut durer très longtemps et passer d’une vallée à l’autre. Afin de l’alourdir, la bête est bourrée de sable mouillé et gonflée d’eau!

Le ulak-tartych se joue fréquemment à l’occasion des fêtes nationales, mais aussi lors des anniversaires ou mariages fastueux. De plus petites parties peuvent être jouées au moment des fêtes de fin de transhumance. Ce jeu était interdit sous l’Union soviétique et il reprend de plus belle aujourd’hui. Outre l’Afghanistan et le Kirghizistan, on pratique ce «polo» aussi au Tadjikistan, au Kazakhstan et en Ouzbékistan. Les chevaux employés pour ce jeu subissent un entraînement spécial et coûtent très cher.