31 octobre 2015

Visite du village Ovia Olo

Après un trajet d’une vingtaine de kilomètres dans la jungle du Suriname, les visiteurs arrivent dans un petit village d’environ 150 habitants appelé Ovia Olo. Au centre du village, les femmes discutent sous une paillote qui sert de cuisine commune abritée par un manguier. La plupart des maisons ne servant qu’à dormir, c’est ici, dans le carbet-cuisine commun, que les femmes cuisinent et passent leur temps à discuter.

Les maisons sont de petites constructions en planches à façade en pignon. Certaines sont construites à même le sol, sur un solin en terre battue alors que celles construites en zone inondable sont sur pilotis. La toiture à deux longs pans et à pente très forte donne aux maisons une silhouette très particulière. À l’écart des maisons, des hommes et des femmes travaillent à l’abattis (potager). Quelques femmes, vêtues du traditionnel pangi (pagne porté en jupe), fredonnent des chants traditionnels.

Les sociétés noir-marron sont matrilinéaires; la filiation se fait par les femmes et, en théorie, chacun, homme ou femme, continue à vivre toute sa vie dans son village maternel. Maisons d’hommes et maisons de femmes sont donc regroupées autour de l’habitation de l’aïeule commune. Cet ensemble de constructions, désigné mamapiki, forme souvent une sorte de cercle autour du carbet-cuisine commun où les femmes passent la plus grande partie de leur temps. Le lignage (lo) qui peuple un village ou un quartier possède des aménagements communs: les lieux de culte, le carbet de réunion, le carbet mortuaire, la construction où se retirent les femmes pendant leurs règles et les “dégrad” ou débarcadères où sont amarrées les pirogues.